19-04-12

La prison belge n’est qu’un lieu de stockage...

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"La prison n’est qu’un lieu de stockage"

Pour la commission de surveillance, la tuerie de Liège en est une illustration.

Le Conseil central de surveillance des prisons est un organe indépendant, recommandé par le Conseil de l’Europe. Il chapeaute les 25 commissions locales de surveillance des prisons qui comptent chacune dans leur rang au moins un magistrat assis, un avocat et un médecin. Il formule donc des avis qui peuvent être qualifiés d’autorisés. Et il est très critique sur la détention telle qu’elle est pratiquée en Belgique.

"La tuerie de Liège illustre véritablement l’échec de la réintégration dans la société d’un détenu dans la société", relève ainsi son président, Paul Cosyns, un psychiatre anversois, professeur émérite à l’Université d’Anvers connu dans le milieu carcéral pour avoir participé à de nombreux projets de réinsertion des détenus. L’auteur de la tuerie, Nordine Amrani, avait été libéré en octobre 2010. M. Cosyns plaide pour une préparation du détenu à la remise en liberté : voir quels sont ses points faibles et ses points forts tout en organisant la vie carcérale de manière à ce que les détenus soient incités à se réinsérer.

Or, souligne M. Cosyns, la prison n’est "qu’un lieu de stockage". Un constat que partage Gérard De Coninck, son prédécesseur à la présidence du Conseil central de surveillance des prisons (CCSP). Et en tant qu’ancien directeur des prisons d’Ittre et de Lantin, M. De Coninck connaît les prisons de l’intérieur. La priorité d’une prison, relève-t-il, est d’éviter les évasions et ensuite maintenir l’ordre dans ces prisons où règne une violence terrible.

Et les deux hommes appellent les hommes politiques au courage : "Nous espérons qu’ils ne se soumettront pas à la tyrannie de la majorité qui veut que la prison soit la seule peine. Pour nous, la prison doit devenir la peine de l’ultime recours." Soit un discours qui va à contre-courant de la politique actuelle qui vise à construire de nouvelles prisons.

La CCSP plaide donc pour des alternatives à la prison : elle estime que la privation de liberté devrait être limitée au maximum. Or, relève-t-elle, 35 % des détenus en Belgique sont en préventive et 10 % sont des internés. Pour la CCSP, cela ne va pas.

Et de critiquer la location de la prison de Tilburg aux Pays-Bas. Pour la CCSP, ce n’est clairement pas une solution. Même si les infrastructures sont correctes, Tilburg ne permet pas aux familles des détenus de visiter leurs proches qui sont en prison alors que c’est un élément important pour permettre une réintégration en société. Elle plaide pour des peines alternatives à la prison, à l’image de ce qui s’est fait aux Pays-Bas où le nombre de détenus a diminué.

Ce rapport de la CCSP, qui porte sur les années 2008 à 2010, pointe des manquements graves en matière de santé : 10 % des plaintes introduites par les détenus auprès des 25 commissions locales portent sur les soins de santé : longs délais d’attente pour des soins spécialisés, lenteur des interventions médicales et continuité des soins défaillantes sont quelques-unes des critiques. Un constat sans appel.

J. La.   - 17/12/2011

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/707360/la-pri...

Photo: prison de Bruges

02:03 Gepost door Jaap Vandeurzen in Actualité, Belges, lieu de stockage, Prisons | Permalink | Commentaren (1) |  Facebook |

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Inspection européenne à la prison de Forest
Belga 23/04/2012

A la demande du Conseil de l’Europe, le Comité de prévention pour la Torture (CPT) passera toute cette semaine à la prison de la commune bruxelloise de Forest pour y vérifier les conditions de détention résultant notamment de la surpopulation carcérale. Le Comité a déjà inspecté d’autres prisons en Belgique.

Le Comité de prévention pour la Torture est notamment chargé de vérifier si la prison de Forest respecte la Convention européenne des Droits de l’Homme et en particulier son article relatif à l’interdiction de la torture.


Belga La visite est effectuée à la demande de la Commission de surveillance de la prison de Forest, indique sa vice-présidente Fabienne Simons. « La Commission de surveillance a signalé au Comité les problèmes auxquels est confrontée la prison : surpopulation, état déplorable du bâtiment, dont deux ailes n’ont toujours pas d’installation sanitaire dans les cellules ». Les prisonniers, parfois enfermés à trois dans un espace de 9 m² doivent alors uriner dans un seau. « Ce ne sont pas des conditions dignes du 21e siècle ».

Le CPT visitera la prison de Forest pendant toute la semaine et aura un accès illimité à tous ses recoins. Il rencontrera aussi des acteurs en-dehors de l’établissement carcéral, comme notamment la section belge de l’Observatoire international des prisons. Après son inspection, le Comité de prévention pour la Torture rédigera un rapport qui sera adressé officiellement au gouvernement belge. Ce dernier devra s’expliquer sur les éventuels manquements constatés.

La prison de Forest abritait à la fin du mois de mars dernier plus de 730 détenus, alors qu’elle n’a en principe que de la place pour 402 prisonniers. Diverses organisations ont déjà mis en garde contre la dégradation de la situation dans la prison bruxelloise. Au début de ce mois d’avril, six juges d’instruction et magistrats bruxellois avaient à nouveau tiré la sonnette d’alarme.

http://www.cobra.be/cm/vrtnieuws.francais/infos/120423_InspectionPrisonForest

Gepost door: boejan | 29-04-12

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