01-02-10

Prisons en France: suicides

France: 14ème suicide ou mort suspecte connu(e) en détention


——– Message original ——–
Sujet : [Infoprison] 14ème suicide ou mort suspecte connu(e) en détention en 2010
Date : Sun, 31 Jan 2010 14:49:46 +0100
De : Ban Public <
redaction@banpublic.org>
Pour : 
redaction@banpublic.org

14ème suicide ou mort suspecte connu(e) en détention en 2010

Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas.
Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison,
10 fois plus qu’en milieu libre.

Manquement grave de l’administration pénitentiaire. L’omerta [1] continue sur la réalité des chiffres quant aux conditions et lieu réel du décès.

 

M.A. Paris – La Santé
Suicide d’un homme, âge inconnu le 17 janvier 2010

C.P. Fresnes
Suicide d’une femme d’une trentaine d’années, en détention provisoire, par pendaison le 25 janvier 2010

Nous exigeons, les familles et proches exigent la vérité de la part de l’administration pénitentiaire et des autorités judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur ces nouveaux décès.

Les familles et proches souhaitent une vraie prise en compte de leurs souffrances et une aide directe de la part de l’administration pénitentiaire.

Les autorités judiciaires doivent assumer toutes leurs responsabilités sur ces nouveaux décès.

14 suicides et morts suspectes connus depuis le 1er janvier 2010

Nous savons que ces chiffres ne reflètent pas la réalité. La création de l’Observatoire des suicides et des morts suspectes sur le site prison.eu.org a permis d’interpeller l’opinion publique.
http://www.prison.eu.org/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=68

« L’ensemble des études pointent comme des périodes de particulière vulnérabilité, outre l’entrée en détention, certains moments particuliers :
la période correspondant au jugement ;
le placement au quartier disciplinaire ;
la période postérieure à une tentative de suicide ou à une
automutilation. ».
Circulaire du 26 avril 2002 NOR JUSE0240075C sur la Prévention des suicides dans les établissements pénitentiaires.

« Le droit à la vie : il est nécessaire de montrer que l’administration pénitentiaire doit tenir compte de cette obligation dans la mise en place de certaines procédures (quartier disciplinaire, isolement…) »
Conclusion du 20 octobre 2003 du Rapport de la CNCDH sur les droits de l’homme en prison.

Contact Presse :
Milko Paris, tél. 06 60 17 33 42
mail. 
redaction@banpublic.org

[1] Omerta : Par extens. Loi du silence imposée par un groupe. (Le nouveau Littré, 2006)

 

Commentaren

réactions Oui, en France, il y a beaucoup de suicide dans les prisons. Les psychiatres, les fouilles humillantes y sont peut-être pour quelque chose. Sans compter le manque de soin.

Patricia Poupard

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La situation en Belgique n'est pas mieux. Le ministre belge de la Justice parle continu des 'droits de l'homme', la Belgique est un membre de la Commission des Nations unies sur les droits de l'homme, la France est connu comme le pays des 'droits de l'homme', nous avons la Convention européenne des droits de l'homme etc.

En réalité, il n'ya aucun respect pour les droits de l'homme, surtout en milieu carcéral et psychiatrique.

Jan Boeykens

Gepost door: K.LU | 01-02-10

Sida et prison une catastrophe sanitaire annoncée

Entretien entre Marie-George BUFFET, Députée de Seine St Denis et Laurent JACQUA, ancien détenu, sur le thème du Sida en prison.

LAURENT, « Vous comprenez, la toxicomanie existe dans les prisons. A partir de là, il faut mettre les moyens nécessaires pour permettre aux prisonniers qui purgent leur peine de ne pas se contaminer. Se contaminer en prison, c’est une forme de double-peine ! ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « Je partage votre position. La contamination dans les prisons est une réalité qui doit être reconnue par tous et toutes. Comme s'accordent à le démontrer les instances nationales et internationales de lutte contre le sida, les programmes d'échanges de seringues et la mise à disposition de préservatifs sont des éléments de prévention essentiels. Notre pays devrait s'inspirer de leurs recommandations. »

LAURENT, « Les détenus ont des droits eux aussi. Les prisons ne doivent pas être des zones de non droits pour les détenus. J’ai commis des erreurs et la société m’a jugé pour cela, mais lorsque je suis arrivé en prison, j’ai été confronté à une violence quotidienne qui va au-delà de ce que les gens imaginent. Je me suis senti comme un sous-citoyen, sans aucuns droits. En 1991, le gouvernement de l’époque a autorisé un accès à l’échange de seringues en pharmacie mais en prison, la situation est bien plus compliquée, le taux de contamination y est six fois plus élevé qu’à l’extérieur et il y a une seringue pour cinq détenus ! Faute de distribution de seringues en prison, les personnes utilisent ce qu’elles ont ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « L'accès aux soins pour tous et toutes est un droit. L'égal accès à ce droit doit être garanti par l'Etat par le biais de mesures concrètes. La sécurité ne doit pas servir de prétexte pour priver les détenus de leur droit à la santé. Par ailleurs, à l'occasion de visites de centres pénitentiaires, j'ai pu constater que les personnels manquent de moyens pour mener des actions de prévention et de soin dans de bonnes conditions. La surpopulation carcérale s'ajoute à cela et constitue un facteur aggravant en matière de diffusion de l'épidémie ».

LAURENT, « Oui, parlons de la drogue. Nier la drogue en prison, c’est éviter d’y répondre. Tout le monde le sait mais aucun moyen n’est mis en place pour en gérer les conséquences ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « En premier lieu, il faut reconnaître la présence de la drogue en prison et agir pour limiter les conséquences de sa diffusion tant pour les détenus que pour les personnels. Mais à côté de cela, il faut mener des actions de prévention et de soin ambitieuses ».

LAURENT, « Une prison va s’ouvrir prochainement à Melun et un seul médecin sera présent pour 700 détenus ! Comment voulez-vous garantir des soins adaptés dans cette situation ? ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « Certains détenus ont besoin de soins spécifiques, mais ils ne bénéficient pas toujours de conditions d'accès appropriées à ceux-ci. Le sida est encore tabou dans les prisons. Certains évitent de regarder en face à cette situation, mais les élu-e-s politiques sont en responsabilité vis-à-vis des questions de santé en prison. C'est pour cette raison que j'ai tenu à évoquer le sujet à l'Assemblée nationale, car c'est l'un des lieux où des décisions peuvent et doivent être prises ».

LAURENT, « Nous n’attendons pas de la pitié mais l’accès à nos droits, comme tout citoyen ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « La question de la reconnaissance des droits est primordiale dans la façon d'aborder le VIH-sida en prison. Vous vous battez dans cet objectif, je ne peux que partager ce combat ».

LAURENT, « J’ai eu de la chance si je peux dire car en prison, j’avais la lecture et l’écriture. C’est ce qui m’a aidé à sortir de prison ; c’est ce qui m’a permis d’éviter de sombrer comme tant d’autres. Pour ceux qui n’ont pas cette possibilité, je veux me battre car il faut changer cette situation dans les prisons. Ce n’est pas digne d’un pays comme la France ».

Note :

Mercredi 29 juin 2011, Bernard Thomasson, sur France Info, recevra Jean Luc ROMERO président de l’association ELCS (Elus Locaux contre le Sida) à cette occasion une interview avec Marie George BUFFET sera diffusée entre 12h45 et 13h.


http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/tag/d%C3%A9put%C3%A9%20assembl%C3%A9e%20nationale

Gepost door: boejan | 02-05-12

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